{"id":31,"date":"2024-05-18T17:57:05","date_gmt":"2024-05-18T15:57:05","guid":{"rendered":"http:\/\/francoisemonnier.com\/?page_id=31"},"modified":"2024-05-18T17:57:05","modified_gmt":"2024-05-18T15:57:05","slug":"demarche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/francoisemonnier.com\/index.php\/demarche\/","title":{"rendered":"D\u00e9marche"},"content":{"rendered":"\n<p>Peindre : une mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre au monde entre chaos et \u00e9pure.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la peinture, j\u2019aspire \u00e0 proposer un chemin d\u2019\u00e9merveillement.<br>Qu\u2019il soit de papier ou de toile, l\u2019espace pictural est une g\u00e9ographie, un monde \u00e0 habiter, une m\u00e9taphore du monde r\u00e9el. Je cherche \u00e0 faire na\u00eetre un objet-tableau qui recr\u00e9e dans un lieu clos la perception physique et contemplative du monde que m\u2019offre le paysage.<br>J\u2019\u00e9prouve en effet le m\u00eame plaisir m\u00e9ditatif \u00e0 scruter l\u2019horizon qu\u2019\u00e0 contempler un monochrome d\u2019Yves Klein\u00a0: c\u2019est le m\u00eame voyage, la m\u00eame respiration, la m\u00eame m\u00e9ditation\u00a0!<br>Depuis toujours les grands espaces de landes et de d\u00e9serts nourrissent mon travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment, le v\u00e9g\u00e9tal aussi est devenu le terroir de mon inspiration\u00a0: je me plonge dans cet univers\u00a0par le regard, par la marche et par le dessin. Je dessine in situ pour comprendre le vivant et capter de tous mes sens l\u2019instant pr\u00e9sent. Matisse parle du \u00ab\u00a0travail, par lequel l\u2019artiste s\u2019incorpore, s\u2019assimile par degr\u00e9s le monde ext\u00e9rieur, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019objet qu\u2019il dessine soit devenu comme une part de lui-m\u00eame\u2026\u00a0\u00bb<sup data-fn=\"65bb294f-7f31-4a7b-9ef0-6ccaa03e4d54\" class=\"fn\"><a href=\"#65bb294f-7f31-4a7b-9ef0-6ccaa03e4d54\" id=\"65bb294f-7f31-4a7b-9ef0-6ccaa03e4d54-link\">1<\/a><\/sup>. J\u2019emprunte un chemin renouvel\u00e9\u00a0: de la broussaille \u00e0 la tige, de la graphie \u00e0 la peinture, du chaos \u00e0 l\u2019\u00e9pure. Le dessin trouve son chemin \u00e0 travers le chaos organis\u00e9 du v\u00e9g\u00e9tal.<br>Il y a le temps du dessin et le temps de la peinture, distincts mais intimement li\u00e9s. D\u2019exercice, le dessin est devenu source pour finalement s\u2019int\u00e9grer dans le processus cr\u00e9ateur.<br>Lorsque la gravure s\u2019ins\u00e8re dans le travail, elle permet l\u2019\u00e9pure du trait, elle pr\u00e9pare le geste cr\u00e9ant sur la toile les traces de graphite qui gardent la m\u00e9moire des \u00e9critures de mes peintures ant\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps de la peinture est avant tout le temps de l\u2019abstraction. Celle-ci est ma nature, mon \u00e9vidence, et ma filiation. Les peintres expressionnistes abstraits am\u00e9ricains forment un socle sur lequel ma peinture se construit. Je peins en \u00e9cho \u00e0 la verticalit\u00e9 de Barnet Newman, au \u00ab\u00a0color-field\u00a0\u00bb de Rothko, \u00e0 la gestuelle foisonnante de Joan Mitchell, au \u00ab\u00a0 vide et plein\u00a0\u00bb de Sam Francis\u00a0; l\u00e0 o\u00f9 le tableau n\u2019est plus une repr\u00e9sentation du monde mais devient monde, l\u00e0 o\u00f9 une forte relation \u00e9motionnelle \u00e0 la nature nourrit l\u2019acte cr\u00e9ateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes mains alors, jonglent avec les pinceaux puissants et doux empilant les strates de couleurs. L\u2019acrylique permet la superposition rapide et le jeu entre transparence et opacit\u00e9. Je place, je caresse la peau du tableau, j\u2019efface, j\u2019inscris, je fa\u00e7onne la couleur-lumi\u00e8re, je capte la vibration du vivant. J\u2019aime que l\u2019id\u00e9e fasse son chemin \u00e0 travers les r\u00e9v\u00e9lateurs que sont les outils et les gestes dans\u00e9s sur la toile-tambour. Peindre est un acte du corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me faut aller \u00e0 la rencontre de ma limite, la reconnaitre, et oser pousser jusqu\u2019au vertige. L\u00e0 se situe le point d\u2019\u00e9quilibre qui fait le tableau\u00a0, juste avant la chute, quand apparait un vide de pl\u00e9nitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Par l\u2019\u00e9change de regards, de l\u2019\u0153uvre au regardeur, du regardeur \u00e0 l\u2019\u0153uvre, je tends la main \u00e0 mes semblables, \u00e9tape sur le chemin infini de la cr\u00e9ation o\u00f9 il me faut encore et toujours chercher \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9semparer le d\u00e9sordre\u00bb<sup data-fn=\"f6fcff6e-0c33-4f52-bcdd-09b64f1e4fe7\" class=\"fn\"><a href=\"#f6fcff6e-0c33-4f52-bcdd-09b64f1e4fe7\" id=\"f6fcff6e-0c33-4f52-bcdd-09b64f1e4fe7-link\">2<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"65bb294f-7f31-4a7b-9ef0-6ccaa03e4d54\">Henri Matisse, \u00ab\u00a0Il faut regarder toute la vie avec des yeux d\u2019enfants\u00a0\u00bb, propos recueillis par R\u00e9gine Pernoud, Le Courrier de l\u2019U.N.E.S.C.O., vol. VI, n\u00b010, octobre 1953. Repris par Dominique Fourcade, Henri Matisse. \u00c9crits et propos sur l\u2019art, Hermann, Paris, deuxi\u00e8me \u00e9dition, 1992, pp. 321-3232. <a href=\"#65bb294f-7f31-4a7b-9ef0-6ccaa03e4d54-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"f6fcff6e-0c33-4f52-bcdd-09b64f1e4fe7\">Jackie Plaetevoet &#8211; textes\u00a0\/ Fran\u00e7oise Monnier \u2013 peintures. \u00abD\u00e9semparer le d\u00e9sordre\u00a0\u00bb Editions SANG D\u2019ENCRE &#8211; 2013 <a href=\"#f6fcff6e-0c33-4f52-bcdd-09b64f1e4fe7-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peindre : une mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre au monde entre chaos et \u00e9pure. 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